NOTE D'ANALYSE STRATÉGIQUE

OBJET : LA E.DISTRIBUTION


En 2002, les ventes sur Internet devraient atteindre 400 milliards de $ (plus de 430 milliards d'euros ou 2800 milliards de F). Ce qui veut dire qu'Internet devrait dépasser la vente par correspondance par voie postale l'an prochain. Pour l'immédiat, la e.distribution paie cher sa phase d'apprentissage d'où d'ailleurs des stratégies dominantes tendant à limiter les risques et à mutualiser les coûts. Les « pure-player » sauf créneau très spécifique sont devenus des activités à très hauts risques. Webvan vient de cesser ses activités en laissant une ardoise de 529 millions d'euros soit deux fois et demi son CA à 208 millions d'euros.

Le temps de l'attentisme Web est fini pour la grande distribution hexagonale. Après une période d'observation à l'égard du Net en 1999, les acteurs du marché semblent tous avoir décidé de partir à l'assaut de ce nouveau canal de vente entre 2000 et 2001. Si les grandes manoeuvres entamées outre-Atlantique par Wal-Mart ont joué le rôle de détonateur, les grands distributeurs français ont su réagir. Désormais présents sur tous les fronts, du b-to-c à la marketplace, tous entretiennent de grandes ambitions : accompagner une clientèle traditionnelle sur le Web, tout en réinventant également les fondamentaux d'une activité historique..


 E.distribution : la logistique et la sécurité à tous les prix
 La e.distribution à l'essai
 L'achat sur Internet reste encore marginal par rapport aux différents autres modes d'achats
 Les résultats du b.t.c. ont été supérieurs aux prévisions
 e.distribution : aller ou ne pas aller en ligne ?!
 Les produits achetés
 Tous les rayons ne sont pas à la fête
 Internet tête de gondole d'un nouveau genre
 Internet agit sur les comportements dans l'acte d'achat


E.distribution : la logistique et la sécurité à tous les prix

Du coté du client les frais de livraisons trop importants sont à l'origine de l'abandon d'une commande en ligne sur deux (Etude de Cap Gemini Ernst Young février 2001). Le coût logistique et celui de la création de clientèles sont rédhibitoires. Alors que les vendeurs multicanaux (points de vente physiques, téléphonie, etc.) affichent un coût de 11$ par client acquis, les pure players du Web doivent eux débourser la somme de 82 $ pour parvenir au même résultat.

L'adossement à un acteur traditionnel devient indispensable. La livraison reste le problème principal et pousse à des alliances avec des logisticiens réputés. Résoudre le problème de logistique devient primordial. Des distributeurs expérimentent la livraison répartie sur les magasins de proximités du clients. Formule plus économique en ville. D'autres centralisent sur des plates-formes spécialisées pour répartir et préparer les commandes surtout dans le secteur des produits frais. L'idéal étant de pouvoir préparer les commandes la veille ou dans la nuit pour livrer tôt dans la journée.

Internet modifie la chaîne d'approvisionnement et la plupart des systèmes de distribution ne sont pas équipés pour ce commerce. Plus d'un quart des fabricants sous-traitent la livraison et cette proportion va augmenter. Le responsable du secteur de la distribution chez Ernst & Young s'attend à voir émerger « un système de distribution à plusieurs niveaux constitué par quelques grands distributeurs possédant les entrepôts et les techniques pour parvenir aux économies d'échelle nécessaires à une bonne gestion de la livraison finale. On y trouvera sans doute des sociétés comme Fedex et UPS ainsi que quelques-unes des grandes entreprises traditionnelles de logistique et de livraison. ».

En plus des coûts de livraison, la sécurité est considérée comme l'obstacle majeur aux courses sur Internet : 68% des consommateurs qui n'ont pas encore acheté sur le Web disent qu'envoyer leur numéro de carte de crédit via Internet les met mal à l'aise. Seulement 37% des acheteurs sur le Web sont satisfaits des mesures de sécurité existantes. Ernst & Young estime que le marché pour les services de sécurité à 5 milliards d'US$ en 2000.


La e.distribution à l'essai

La vente par correspondance est dopée par le net. Les Américains ont acheté pour plus de 350 milliards de $ (plus de 380 milliards d'euros ou 2500 milliards de F) de biens par correspondance en 2000. En 2002, les ventes sur Internet devraient atteindre 400 milliards de $ (plus de 430 milliards d'euros ou 2800 milliards de F). Ce qui veut dire qu'Internet devrait dépasser la vente par correspondance par voie postale l'an prochain. Le montant de 2001 représente plus de 4% du PNB du pays et 1200 $ par habitant (plus de 1300 euros ou 9000 F).

Le magazine américain Stores, destiné à la distribution, avait publié dans son numéro de janvier 1998 un résumé d'une étude faite par le cabinet Ernst & Young sur le commerce sur Internet, basée sur des entretiens réalisés aux États-Unis dans le courant du deuxième semestre de 1997 auprès de 850 consommateurs et 150 détaillants ou fabricants. Les résultats restent d'actualité, on le verra abondamment ci-après.

Cette enquête montre qu'un nombre important d'Américains utilisent Internet pour faire leurs courses. Le cabinet Ernst & Young y voit l'émergence d'une nouvelle catégorie de consommateurs et conclut qu'Internet va révolutionner la manière de faire ses achats - mais lesquels !? Nous verrons ci-après que cette révolution relative à la e.distribution reste plutôt une évolution des modes et des comportements d'achats qui se fera encore sur de longues années. Par contre Internet devient incontournable pour associer aux produits traditionnels des services et des produits dérivés à haute valeur ajoutée. Internet n'est pas seulement un canal de distribution, il devient un vecteur hautement distinctif !


L'achat sur Internet reste encore marginal
par rapport aux différents autres modes d'achats

Les ventes en ligne représentent une facette marginale des effets commerciaux d'Internet. Une bonne majorité (64%) de ses utilisateurs y cherchent et y choisissent des produits qu'ils vont ensuite acheter dans des points de vente traditionnels ou par télécopie ou par téléphone. Cette observation est confirmée par différentes études : le Net sert d'abord à l'aide à la décision et à la sélection des fournisseurs.

La Redoute, spécialiste de la VPC française ne réalise que 3% de son CA global sur le Net en 2000, et souhaite porter ce ratio à 10% d'ici 2003

Jean-Marie Boucher, directeur du commerce électronique et du multimédia chez le vépéciste français, fait le bilan de l'année qui vient de s'achever : 330MF de CA en ligne, plus d'un million d'articles vendus, 200 000 à 250 000 acheteurs sur le Web et 280 000 commandes enregistrées. L'activité sur le Web pèse aujourd'hui 3% du CA global du groupe, qui s'élève à 10MdF. L'objectif à tenir en 2001 est ambitieux, puisqu'il consiste à doubler ce pourcentage. A plus long terme, le groupe estime pouvoir réaliser grâce au Web les mêmes performances que celles qu'il enregistre sur le Minitel, soit 17% de son CA. Mais il faudra du temps pour y arriver : en 2003, ce n'est encore que 10% du CA qui sera réalisé par Internet. Le site, avec un trafic de 360 000 à 450 000 visiteurs pour environ 3 millions de pages vues par mois, s'est préparé à la kermesse de Noël avec une massive opération publicitaire onLine et offLine.

LaRedoute.fr affirme également « se rénover aussi vite que la mode », proposant en conséquence de nouveaux services pour améliorer différenciation et personnalisation de l'offre. Le catalogue en ligne est constamment mis à jour selon les disponibilités du stock et contient des articles qui ne sont pas vendus dans l'édition papier. Si le public des deux supports est en partie le même, la version en ligne est préférée par les clients plus jeunes, de sexe masculin et habitant Paris. Ce public, qui est toujours en quête du dernier cri, a un pouvoir d'achat grandissant. Le mot d'ordre est donc de satisfaire ces clients de plus en plus exigeants avec tous les moyens possibles : depuis la rentrée, une rubrique donne des conseils de style pour aider les Internautes dans leur choix, en leur proposant une sélection d'articles qui s'adaptent à leurs goûts et à leur style.


Les résultats du b.t.c. ont été supérieurs aux prévisions

Le secteur du B-to-C aurait en effet généré l'an passé un volume d'affaires en croissance de 120% à 33,1Md$. Fort de cette performance, le Web pèserait désormais pour 1,4% des ventes au détail mondiales. Cette estimation, qui émane d'une étude menée par le Boston Consulting Group, dépasse les prévisions de Dataquest, qui tablait, lui, sur un volume d'affaire de 31,2Md$. Le commerce en ligne b-to-c affiche donc sa bonne santé, démentant les propos tenus par Bernard Beauzamy à nos confrères du Monde en novembre dernier. Le p.-d.g. de la Société de Calcul Mathématiques avait en effet affirmé au quotidien que les Internautes constituaient «  un public idéologiquement destiné à ne pas payer  ».

Allant à l'encontre de cette affirmation, le Boston Consulting Group estime que le marché du commerce en ligne b-to-c progressera encore de 85% durant l'année 2000, pour atteindre un volume de 61Md$. Pour conduire cette étude, le cabinet d'étude a planché sur un échantillon représentatif de 412 sites marchands, permettant d'obtenir une photographie des performances et de la typologie du secteur. Le Boston Consulting Group a pu ainsi déterminer que les sites commercialisant des produits informatiques (software, hardware, etc.) se taillent toujours la part du lion du marché b-to-c, et ce malgré une percée particulièrement significative des sites de courtage en ligne : ces deux types d'acteurs contrôlent en effet 70% du marché du commerce en ligne b-to-c. Du côté des plus fortes progressions, c'est le secteur de l'automobile qui se signale, avec une croissance de 2300%. Cette performance enterre les hausses enregistrées par les sites de beauté et de santé (780%), de jouets (440%) ou de ventes aux enchères.


e.distribution : aller ou ne pas aller en ligne ?!

L'intérêt du Web est d'abord d'augmenter sa zone de chalandise. Les études spécialisées mettent en exergue le fait que plus de la moitié des revendeurs interrogés estiment que le Net permet d'enrichir leur portefeuille clients (plus de 70%), d'améliorer leurs offres de services (environ 68%) d'étendre leur zone de chalandise (à peu près 63%) et bien évidemment d'accroître leur chiffre d'affaires (à plus de 60%). Au total, 65% des entreprises interrogées estiment que le commerce électronique est désormais une activité indispensable.

Malgré ces voyants au beau fixe, tout n'est pas rose dans le secteur du b-to-c. Une étude du Boston Consulting Group estime que 65% des process d'achats débutés en ligne se soldent par un arrêt avant leur conclusion. Même si le taux de conversion visite/achat a quelque peu augmenté en 1999, passant de 2,8% à 3,2%, les services en ligne doivent encore oeuvrer à leur optimisation, notamment dans le secteur sensible des processus de paiement. Plus de 70% des commerçants en magasins pensent que le paiement en ligne est le principal obstacle au démarrage du eCommerce (69% chez les vépécistes et un peu plus de 60% chez les e-spécialistes). Et ils sont globalement 60% à estimer que les retours sur investissements ne sont pas garantis. Malgré ce bémol, les Internautes ont tout de même augmenté de 15% le montant moyen de leurs achats, qui atteint désormais la barre de 38$. Les sites marchands semblent ne plus avoir qu'à se baisser pour capitaliser sur cette manne en pleine croissance. Toutefois, ils ne sont pas tous égaux face à la question sensible du coût d'acquisition de leur clientèle. Alors que les vendeurs multicanaux (points de vente physiques, téléphonie, etc.) affichent un coût de 11$ par client acquis, les « pure players » du Web doivent eux débourser la somme de 82$ pour parvenir au même résultat.

Malgré cela la liste des revendeurs en ligne augmente tous les jours. Le réseau a vu aussi apparaître des entreprises dont c'est l'unique canal de vente. La plupart des entreprises présentes sur le Web commencent juste à s'intéresser au potentiel commercial de celui-ci, mais la majorité (66%) d'entre elles n'a pas encore le projet de vendre leurs produits en ligne. Près de la moitié (47%) estiment que leurs produits ne conviennent pas à la vente en ligne ou que le Réseau n'est pas encore prêt pour cela. Pourtant d'ici fin 2000, la moitié des entreprises interrogées espéraient effectuer au moins 20% de leurs ventes en ligne. Mais les perspectives de profit posent question : si la majorité des vendeurs pensent atteindre le point mort en 2 ans, 10% estiment que les ventes sur le Web ne fourniront jamais de profit.

L'augmentation des ventes est le but principal des détaillants présents sur le Web et l'absence de projet des fabricants ne risque pas de les concurrencer de sitôt. Quant aux fabricants, la majorité (88%) visent avant tout à fidéliser leur clientèle, à se différencier (69%), à augmenter leurs parts de marché (63%), à améliorer leur compétitivité (50%) et à réduire leurs coûts (44%). Ils souhaitent aussi augmenter leurs ventes hors des États-Unis, notamment au Canada, en Europe et en Asie.


Les produits achetés

Un rapport du cabinet américain Ersnt &Young répertorie les produits qui se vendent sur Internet en trois catégories : les produits qui se vendent déjà bien, les produits émergents et enfin ceux pour lesquels il convient « d'attendre et voir ».

La première catégorie comprend des produits non périssables de valeur élevée, de haute technologie ou contenant beaucoup d'informations, comme les ordinateurs, les livres, les disques compacts ou l'électronique grand public. Internet devient leur canal de distribution le plus important et va en rendre d'autres obsolètes.

Les produits émergents (cartes de voeux, chaussures, vêtements et confection) se différencient plus par des informations personnelles que par le prix. La personnalisation et le sur mesure facilités par la technologie redéfinissent leur valeur et créent une loyauté sans faille des clients.

Les produits dont le marché n'est pas encore mûr (alimentation et boissons, santé et beauté, entretien de la maison) ont une valeur plus faible, ils sont peu différenciés, les coûts de distribution comptent davantage dans leur prix de vente.

Internet apparaît prometteur pour le sur mesure de masse qui permet aux entreprises de créer avec efficacité et de vendre des produits personnalisés. En général, les présentations de produits en ligne sont copiées sur celles des magasins. Les prix, également, reflètent ceux des autres canaux pour 79% des détaillants et 60% des fabricants, dont 30% font des rabais sur Internet.

Les achats concernent principalement (classés selon le pourcentage des foyers ayant effectué cet achat en ligne) le matériel informatique (40%), les livres (20%), les voyages (16%), les vêtements (10%), la musique enregistrée (6%), des abonnements (6%), des cadeaux (5%) et enfin des investissements (4%).

Une autre étude française, cette fois de l'Insee, fin 2000, montre un important contraste avec celle de Ernst Young. Sur la période étudiée, les ventes les plus importantes ont concerné les disques et les vêtements, des secteurs qui ont représenté respectivement 38 et 28% des commandes en ligne. Suivent très loin derrière les services (9%), les équipements TV, hi-fi, vidéo (7%), les articles de sport (4%), les boissons (3%), les fleurs (2%) et le matériel informatique (2%). Au niveau de l'offre, les pourcentages sont quasiment inversés : 23% des eCommerçants proposent des produits alimentaires hors boissons, 16% vendent des boissons, 16% commercialisent des vêtements et seulement 15% cherchent à faire du business avec des disques (13% avec des articles de sport et 13% avec du matériel informatique).

Une troisième étude, réalisée à la demande du Conseil national de l'information statistique (Cnis), organisme présidé par le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, fin 2000 n'a recensé que 200 véritables revendeurs Web parmi les 2000 sociétés interrogées en France. L'Insee les a répartis dans 3 grandes catégories : les vépécistes, les commerçants en magasins et les eSpécialistes (pure player). Toutes catégories confondues, l'ensemble de ces eCommerçants a réalisé 1MdF de CA en 1999, soit 0,04% du commerce de détail cette année-là. Pour un peu plus de 30% des entreprises de vente par correspondance, Internet a dégagé moins de 1% de leurs recettes sur la période étudiée. Du côté des hypermarchés, supermarchés et autres grands magasins, les données sont tout autres : dans plus de 80% des cas, ils ont déclaré que le Web représentait moins de 1% de leur activité en 1999. Les pure players ont quant à eux réalisé l'intégralité de leur CA sur le Net, ce qui semble pour le moins naturel.


Tous les rayons ne sont pas à la fête

Qu'ils soient hommes ou femmes, les Internautes américains plébiscitent trois mêmes sites : Amazon, Barnes and Noble et CDNow. C'est derrière ce trio de tête que les disparités commencent à se faire sentir, les hommes préférant alors résolument les sites commercialisant de l'électronique, du loisir ou des fournitures de maison ou de bureau. De leur côté, les femmes donnent elle leur préférence aux sites de bien être et de beauté (Drugstore, JC Penney, etc.), de vêtements ou même de cartes de voeux électroniques (BlueMontainArts, etc.).

Malgré ces différences, hommes et femmes s'accordent sur un même point : tous citent ordinateurs, CD et livres comme leurs trois produits de prédilection. Cependant, une fois encore, les catégories suivantes ne se ressemblent guère. Les femmes se sentent attirées par les produits de santé et de beauté (42%), les jouets (41%), les vêtements de femmes et d'enfants (39% et 31%), les vidéos (28%), les magazines (27%) et les «  petits produits électroniques  » (26%). Ce sont ces derniers qui sont plébiscités par les hommes (44%), suivis des vidéos (38%), des voyages aériens (34%), des magazines (31%) et des vêtements masculins (29%).

Parallèlement à cette analyse par « genre », Ernst & Young s'est également lancé dans une observation basée sur l'âge. Influant généralement sur le montant des revenus, celui-ci influence directement les choix des Internautes en matière d'achat. Dans ce domaine, pas de révolution : les jeunes préfèrent les vidéos, les CDs, et achètent plus spontanément que leurs aînés. Ainsi, 88% des jeunes de moins de 25 ans ont fait un achat non prévu en 1999, contre seulement 60% des gens de plus de 60 ans. Les plus âgés ont également tendance à se montrer clients plus fidèles, en effectuant leurs achats sur 9 sites en moyenne contre 12 pour les moins de 25 ans. Logiquement, le montant des dépenses est intimement lié aux revenus de l'utilisateur. 61% des consommateurs gagnant plus de 100K$ par an ont effectué 10 achats ou plus en 1999, alors que seulement 32% des salariés affichant un salaire annuel inférieur à 30K$ effectuaient le même volume d'achat. Les gros acheteurs ont dépensé plus de 500$ en ligne, consacrés principalement aux ordinateurs, aux livres, aux voyages aériens et aux petits objets électroniques.


Internet tête de gondole d'un nouveau genre

Les stratégies visibles du e.commerce vers les particuliers sont celles du « traitement par rayons ». La e.distribution passe d'une logique magasin à une logique verticale de ligne de produits. L'articulation du e.commerce est verticale, l'objectif est une communauté de clients: la promotion et la fidélisation doivent en tenir compte. Chaque chef de rayons ou de boutiques spécialisées doit avoir son programme spécifique d'action et de promotion ainsi qu'une idée claire de sa cible. Voici quelques exemples de ce que sont ces organisations verticales orientées clients privilégiant les services à valeur ajoutée.

Yzea.com ouvre son portail de lingerie.

Le Web sera-t-il le nouveau marché de la lingerie ? À en croire Stephan Morgan, cofondateur du site de lingerie Yzea.com, édité par la société Edena, les soutiens-gorge et autres dessous affriolants devraient faire des passionnés parmi la population masculine de la Toile. « L'acte d'achat des hommes dans un magasin de dessous classiques est assez faible. In n'en va pas de même pour la vente sur le Réseau. Ainsi, un de nos concurrents américains affiche 30% d'acheteurs masculins sur leur site Web, contre seulement 10% dans leurs boutiques. Cela est lié au fait que sur Internet, les hommes peuvent consulter les produits sans gêne, et la sans pression des vendeuses », explique-t-il, précisant par ailleurs que l'expérience montre que les femmes achètent pour leur part souvent les mêmes marques, et qu'elles peuvent donc en conséquence se contenter d'une visualisation 2D du produit pour le commander. Toutefois, pour agrémenter le service, une visualisation en 3D de certains modèles devrait compléter les nombreuses photos présentant les produits. Le service de livraison sera assuré par Chronopost et Colissimo. Pour les livraisons le jour même de la commande, Yzea.com a signé un partenariat avec e-liko. Ce service est facturé une trentaine de francs, et n'est assuré que pour les commandes égales ou supérieures à 350F. Selon Stephan Morgan, le marché de la lingerie a atteint 15MdF cette année en France, et environ 14MdE en Europe. Je pense qu'environ 5 à 6% du marché européen de la lingerie passera sur Internet d'ici à 3 ans  », souligne-t-il. Le cofondateur de Yzea.com reste encore très discret sur ses objectifs de CA. Le modèle économique du service s'apparente à celui de la grande distribution : « Nous allons acheter des stocks et prélever une marge brute sur la vente dégagée », indique Stephan Morgan.

Procter & Gamble lance la beauté en ligne sur mesure

Alors que les grandes marques de cosmétiques Sephora, French Fragrances, Clinique ou encore Lancôme investissent largement dans la vente en ligne de leurs produits, Procter & Gamble vient en contrepied de créer Reflect.com, la première gamme beauté exclusivement conçue pour le Net. Ce faisant, la marque ne propose pas l'achat en ligne de ses 300 marques disponibles en magasin, lesquels comptent 5 milliards de clients. En effet, plus qu'une gamme en ligne unique, Reflect.com offre à chaque femme américaine, depuis l'automne dernier, un service de conception sur mesure de produit de beauté, offrant au total un choix de 50 000 combinaisons. « Les femmes sont perdues au milieu d'une offre qui fonctionne sur la création quasi quotidienne de nouveaux besoins. À force de vouloir créer de nouveaux segments de marché, l'offre est devenue illisible. Malgré, ou peut-être à cause de cette offre surabondante, elles ne parviennent pas à trouver le produit qui leur convient vraiment », analyse Andrew Swinand, directeur marketing de Reflect.com. Après un questionnaire sur son mode de vie (mariée, célibataire, etc.), ses pratiques de soins et de maquillage, et ses préférences de couleur, de forme et de matière d'emballage, chacune des visiteuses du service se voit proposer une offre spécialement conçue pour elle. Chaque flacon peut ensuite porter le nom de la cliente. « L'enjeu pour les marques est désormais de maîtriser, non plus uniquement leur offre, mais la relation avec les consommateurs », précise Andrew Swinand. Encore en test, le site s'ouvre à la fidélisation de ses clientes via la mise en place de services personnalisés, comme une home page sur mesure dès la deuxième visite de la cliente. Se détachant de la stratégie classique des grandes marques cosmétiques, Procter & Gamble a ainsi préféré suivre la lignée des offres personnalisées de Nike et Mattel. Nike propose avec NikeiD un service de conception sur mesure de chaussures de sport (couleurs, forme, logo ou initiales à la clé), et Mattel, avec Barbie.com un service proposant une Barbie avec couleur de la peau, des cheveux et des yeux au goût de l'Internaute.

Dada1920.fr : un traiteur en ligne « éclairé »

Lancé en 1996, le traiteur Dada1920 propose des repas livrables au bureau. En janvier dernier, Antoine Ferchaud, fondateur et p.-d.g. de Dada1920, décidait de lancer un site Web afin de toucher une clientèle « à forte connexion Internet » et lui faciliter un peu plus la pause déjeuner. Dada1920.fr, réalisé par Antoine Ferchaud et 2 webmasters, propose donc sandwiches, salades et plats cuisinés aux appellations des plus originales : salade dadaïste ou cubiste, plateau Napoléon III ou Empire. Dada1920 propose également des conseils culinaires et un petit historique des courants artistiques proches de l'époque dada. Antoine Ferchaud, qui cultive volontiers cet « aspect culturel et artistique », a donc logiquement développé une collaboration avec Pariscope. Le guide des sorties parisiennes est ainsi offert tous les mercredis à chaque commande enregistrée. Très prochainement Dada1920 s'ouvrira au commerce électronique des biens culturels, via des partenariats d'affiliation : des négociations sont notamment en cours avec Fnac.com et Bol.fr. Antoine Ferchaud souhaite ainsi multiplier les échanges avec des acteurs du monde culturel afin d'offrir des entrées dans les musées, des invitations à des vernissages ou encore des bons de réductions. En mars, Dada1920.fr a enregistré 10 000 pages vues pour 10 commandes quotidiennes, pesant pour 3% de l'activité globale de sa société éditrice. Le « site culinaire éclairé » pourra se reposer sur les enseignes physiques du traiteur, qui dispose de deux unités à Montceau et à Levallois en attendant une implantation à Boulogne. Les ouvertures d'une quinzaine de franchises sont prévues d'ici 2 ans en région parisienne, Dada1920 devant faire son apparition en province d'ici 3 ou 4 ans. L'extension du réseau devrait permettre d'améliorer la qualité de service et de garantir une livraison de 100% des commandes en une demi-heure, contre 70% actuellement. Dada1920.fr va être prochainement remanié afin de permettre des commandes plus rapides et la mise en place de nombreux services : livraison de fleurs, pressing, coursiers, etc. Ces nouvelles prestations permettront à Dada1920 d'enrichir son modèle économique de commissions d'apporteurs d'affaires. L'entreprise a réalisé un CA de 4,5MF (dont 3MF pour la seule enseigne de Montceau) en 1999, tablant sur une performance de 6MF pour l'exercice 2000. En ce qui concerne les résultats, Dada1920 a enregistré un bénéfice de 660KF en 1999.


Internet agit sur les comportements dans l'acte d'achat

Un phénomène « consumériste » caractérisé par la multiplication des services d'analyse comparative des fournisseurs teinte les comportements des internautes vis à vis des marques et des enseignes. La grande distribution n'a pas encore pris la mesure du phénomène qui l'obligera à pratiquer la gestion dynamique des prix. Les acteurs de la grande distribution vont s'intéresser rapidement à ces nouveaux intervenants dans le soutien à la négociation ainsi qu'aux guides d'achats qui se multiplient sur la toile. Ceci explique les accords récents entre Webcity et Carrefour. Par ailleurs, à l'instar de ce que faisait les fournisseurs de logiciels, de plus en plus de marques interviennent sur le net en mettant le client en situation de coopérer avec ses services en ligne.

Dooyoo, service fédérateur d'opinions

Après avoir lancé il y a six mois ses services en Allemagne, Dooyoo.com investit les marchés français, espagnol, et italien. Le concept de ce service est simple : créer un site interactif sur lequel les Internautes puissent s'exprimer librement. « Nous sommes partis d'un constat : pour trouver des informations objectives sur différents produits, c'est très compliqué, explique Sylvain Fey, responsable de la structure française. Le contenu de Dooyoo se base sur deux piliers : les opinions des consommateurs et celles d'experts, sur tout type de produits ou de services, qu'ils soient on Line ou non. » Pour l'instant, le service Dooyoo.fr couvre les secteurs phares de l'Internet (informatique, électronique, jeux, voyages, etc.). Pour donner leur opinion, les Internautes doivent s'inscrire sur le site puis remplir un formulaire avec au moins 75 mots d'argumentaires (pour éviter les conclusions simplistes comme « C'est nul »). L'Internaute qui visite Dooyoo peut ensuite noter l'opinion qu'il a lue ou encore créer un cercle d'amis avec les personnes dont il a aimé les commentaires. Pour fidéliser son audience, Dooyoo récompense les Internautes qui déposent le plus d'opinions par des cadeaux. Un contrat a également été signé avec Maximiles pour leur donner des Miles lors de leur inscription ou encore lorsque leur opinion est lue. En France, Dooyoo est présent sous la forme d'une SAS au capital de 40 000E, qui bénéficie d'un budget mensuel de 1,5MF. Son business model est basé sur la publicité, une commission sur les ventes qui seront générées depuis le site et sur le data mining. « Nous pourrons essayer de réunir un panel de consommateurs pour certains constructeurs qui veulent tester leurs produits auprès de consommateurs, etc. » indique le responsable. Celui-ci désire atteindre le point mort d'ici trois mois, avec 40 000 membres et 200 000 opinions déposées.

Le garde du corps des consommateurs : flowprotector.com

FlowProtector est un logiciel gratuit "garde du corps des consommateurs" diffusant la fiche signaletique des sites marchands et un instrument de vote pour les consommateurs qui participent à l'évolution de la cotation CheckFlow. CheckFlow édite FlowProtector, un logiciel gratuit diffusant la fiche signalétique des sites marchands et leurs cotation par CheckFlow. Cette cotation est l'appréciation synthétique des données présentes sur le site ainsi que celle obtenues auprès des bases d'information public. La cotation comprend 7 cotes notés de 1 à 4. Activité, Solvabilité, délai de livraison/téléchargement, protection des données personnelles collectés, sav/support, informations légales et complémentaires. Pour la consulter il suffit de télécharger FlowProtector sur FlowProtector et de demander une clef d'activation. CheckFlow ne transmet aucune information sur les utilisateurs de FlowProtector pour conserver son indépendance et participe régulièrement aux travaux de l'OCDE et de TrustedPC.org portant sur la protection de la vie privée.

Acheter-moins-cher, grâce à ses « moteurs humains » remporte la palme des shopbots

Le mensuel Web Magazine s'est attaché à tester les différents comparateurs de prix, également dits shopbots, qui se sont multipliés ces derniers mois sur la Toile française. Dans le cadre de ce test, Web Magazine a tenté de localiser les prix les plus intéressants pour quatre produits, à savoir un Jean 501 de Levi's, une bouteille de champagne Canard-Duchêne, l'album Supernatural de Santana et un Palm Pilot V. Le constat du magazine est surprenant : la palme du comparateur de prix revient à Acheter-moins-cher.com : «  parmi tous les comparateurs de prix français, le plus efficace est le plus ancien, Acheter-moins-cher, créé en aout 1998 ». Or, Acheter-moins-cher n'est pas un shopbot, puisque ce n'est pas un robot qui inspecte automatiquement les sites marchands référencés, mais une équipe éditoriale : c'est en visitant régulièrement les boutiques en ligne que les surfeurs du service s'informent des produits en vente et de leur coût. Cette méthode semble, aux yeux du journal, la plus efficace, a contrario de celle mise en oeuvre par les moteurs de recherche dits intelligents. Ainsi, citant en exemple le moteur Bravonestor, les journalistes de Web Magazine signalent que « les résultats sont classés par ordre d'arrivée des réponses, et non par ordre de prix, ce qui n'est pas franchement commode pour le consommateur. Faute d'identifier un même produit selon sa description chez les marchands, Bravonestor peut renvoyer un classement incorrect ». En outre, les moteurs automatiques peuvent manifester des difficultés à comparer des articles high-tech, désignés par un numéro complexe, dont la graphie peut varier d'un site marchand à l'autre ; pour étayer cette argumentation, le magazine évoque le cas d'un lecteur Sony DVD, intitulé tantôt DVP711, tantôt DVP-711. Seul mérite de la recherche automatique: l'assurance de localiser systématiquement les derniers prix de ventes chez les marchands. Dans le même ordre d'idée, le journal précise fort justement que les critères de recherche ne mettent pas l'accent sur la qualité des produits et des services proposés, se bornant à comparer un prix, qui n'est pas toujours pertinent, surtout dans les cas de produits complexes comme ceux des catégories informatique et high-tech, lesquelles sont sur représentées dans les shopbots. Enfin, le magazine s'inquiète des choix économiques faits par certains moteurs de commerce, qui ne référencent que les marchands acceptant de payer leur dîme au service. Ce faisant, les prix offerts au public ne sont pas le reflet de la réalité.

Vague de fusions dans le secteur des guides d'achat

Importante actualité dans le secteur des guides d'achat sur Internet. L'annonce la plus notable est la fusion entre Kelkoo et DondeComprar, un site regroupant 25 000 sites marchands hispanophones. DondeComprar apportera à la nouvelle entité son réseau de sites, tandis que Kelkoo apportera sa technologie de recherche. Le nouveau site, devrait être lancé en France, en Espagne et en Amérique du Sud, puis en Grande-Bretagne. Pour financer ces lancements, la nouvelle entité se prépare à lever 25 M$ et vise toujours une IPO à l'automne. En attendant, le capital de Kelkoo sera réparti entre Netjuice (38%), l'éditeur de DondeComprar, les fondateurs et salariés des deux entités (36%), et Banexi et Innovacom, les deux capitaux-risqueurs qui avaient apporté leurs fonds à Kelkoo. La seconde annonce, elle aussi révélatrice d e la tendance à la concentration dans le secteur des guides d'achat et des shopbots, présente cette fois la fusion entre le guide d'achat Promoselect et le comparateur de prix Laventis. Elle devrait donner lieu à un nouveau site Leguide.com, suivi d'un lancement en Espagne et en Allemagne.

Sources : Cyclope Presse et divers

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