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Jeudi 6 août : Rencontre avec Monique Plateau, maire de Romilly-du-Perche, Loir-et-Cher. Elle a l'intention d'organiser un concours ou une exposition d'épouvantails en complément du programme habituel de "Légumes en fête". Cette manifestation annuelle aura lieu le 4 octobre prochain. Elle me demande de faire une recherche documentaire sur les épouvantails, leur histoire, leur symbolique. Je commence par la consultation, sans grand résultat, des livres de ma bibliothèque, de mes dictionnaires, encyclopédies ou livres de folklore local.
Vendredi 7 août : Interrogation d'Internet avec le moteur de recherche Altavista sur les mots épouvantail et scarecrow. Le mot anglais fournit quelques indications sur la technique de fabrication des épouvantails, sur le folklore qui leur est lié,notamment avec la fête d'Halloween. Le mot français donne plusieurs références dont une au village de Lavardens (Gers) qui a organisé en 1997 un concours international d'épouvantails en plus de son concours de tuteurs de grillons. Interrogation du serveur Electre sur le Minitel qui indique une quinzaine de titres en vente, dont trois concernent la célèbre nouvelle qui porte ce nom de Patricia Highsmith, trois autres sont des titres de bandes dessinées, un roman policier, un roman de science-fiction, les autres titres sont destinés aux jeunes lecteurs. Consultation de la librairie en ligne Le Furet du Nord pour savoir si elle disposerait d'un livre d'occasion sur les épouvantails. Sans aucun résultat.
Samedi 8 août : En désespoir de cause et apprenant que la librairie Gallimard de Montréal offre de faire gratuitement une recherche bibliographique sur un sujet donné, je lui adresse un message ; - "Je suis à la recherche de livres sur les épouvantails : histoire, folklore, ethnologie, symbolisme, etc. en France et dans toute l'Europe. Merci de me signaler si vous en avez actuellement en vente."
Dimanche 9 août :
Réponse de la librairie Gallimard de Montréal, datée du 8 août, 15h25, heure locale : - "Bonjour, Si on consulte les bases de données, on ne trouve rien de disponible sur les épouvantails. Il y a un livre de photos qui doit paraître à l'automne et qui devrait se vendre 95.00 FF. Comme le livre est publié en France, nous ne pouvons que vous recommander de le commander à un libraire près de chez vous. Voici les références exactes du livre : Pierre Aucante, Epouvantails, Subervie Editions, 1998. Avec nos meilleures salutations. Librairie Gallimard Montréal." Recherche d'informations sur les éditions Subervie. Leur site confirme leur intention de publier l'ouvrage de Pierre Aucante, livre de photos réalisées par l'auteur, lui-même photographe ; il a déjà publié plusieurs livres de photos sur le monde rural. A tout hasard interrogation du Minitel : Pierre Aucante, département 41. Chance, c'est dans ce département que j'habite ! En effet Pierre Aucante demeure en Sologne. Vérification qu'il n'existe pas d'autres Pierre Aucante dans les départements limitrophes. Envoi de la télécopie suivante à Pierre Aucante : - "Cher Monsieur, Nous nous intéressons aux aspects culturels et historiques des épouvantails. La librairie Gallimard de Montréal nous a signalé la parution prochaine de votre livre Epouvantails aux Editions Subervie. Quand va-t-il paraître ? En attendant, auriez-vous un titre à nous proposer ?" Pierre Aucante répond sur-le-champ par la même voie. Son livre est déjà paru et il joint une copie de la couverture du livre.
Jeudi 13 août : FNAC, Paris. Achat du livre de Pierre Aucante. Retour dans le Loir-et-Cher. Je prête le livre à Monique Plateau et lui transmets les coordonnées de son auteur.
Samedi 22 août : Je retrouve Monique Plateau, chez ses enfants. Elle me fait part de sa conversation téléphonique avec Pierre Aucante qui viendra à Romilly-du-Perche le 4 octobre et présidera le concours d'épouvantails. Son gendre présent lors de notre entretien s'exclame : - "Mais je connais votre Pierre Aucante ! Vous n'aviez qu'à me demander son adresse. C'était plus facile et plus rapide que d'interroger Internet en passant par Montréal !" -"D'accord, mais savais-tu qu'il s'intéressait aux épouvantails et qu'il était l'auteur d'un livre sur le sujet ? -"Ah ! non..."
Anne de Beer
 
Le rapport Telework 1997 1 de la CEE (1) définit un télécentre comme "installation de bureaux partagés qui fournissent une gamme de services de bureau, souvent pour des employés de différentes entreprises, ou différents départements de la même entreprise." Mais cette définition est loin d'être généralement acceptée et ne correspond pas à tous les cas d'emploi du terme.
Partant de l'idée qu'un télécentre qui voudrait être connu devrait être mentionné au moins dans un site sur Internet, il m'a paru intéressant d'interroger un moteur de recherche comme Altavista sur le mot "télécentre" en français et les deux orthographes de sa traduction anglo-saxonne ("telecentre" ou "telecenter") pour trouver les sites qui mentionnaient ce mot et la signification qu'ils lui donnaient. Cette recherche a donné une liste de 580 références correspondant à 141 sites distincts situés dans une vingtaine de pays, dont la moitié entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Les situations rencontrées
Les situations rencontrées peuvent se regrouper en cinq principaux types de significations pour le mot "télécentre" :
- les produits de télécommunications,
- les sociétés de téléservices,
- les pépinières et hôtels d'entreprises,
- les centres destinés à favoriser le travail à distance pendulaire et les centres destinés à promouvoir le développement local ou rural.
Il ressort de ce rapide examen que les télécentres cités dans des sites Internet comme lieux de travail à distance correspondent à deux grands types de motivations : une essentiellement sociale et une autre économique, les deux pouvant être mélangées dans certains cas.
La motivation sociale répond à quatre principaux types de besoins :
- la réduction du déplacement domicile-travail dans une optique d'amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens
- le développement local d'une zone rurale ou défavorisée
- la fourniture d'accès aux moyens de télécommunications et aux ressources informatiques
- la formation, soit aux nouvelles technologies soit à la gestion d'entreprise pour les nouveaux entrepreneurs.
La motivation économique se traduit dans les pépinières d'entreprises ou dans les centres d'affaires et de services partagés qui offrent à titre payant l'accès à des outils télécoms ou informatiques en plus d'autres services.
L'expérience européenne
Deux pays européens ont plus particulièrement développé le concept de télécentre : la Suède et le Royaume-Uni.
Les Suédois ont commencé à installer des télécottages dans des zones à population dispersée ou d'accès difficile à partir de 1985. La cinquantaine de télécentres se regroupèrent en 1989 au sein de l'association TeleCottages Sweden (TC-S) qui décida de couper le cordon ombilical qui les reliait à toutes formes d'aide financière, pour devenir des entreprises à part entière en fournissant des prestations très variées.
Mais leur succès s'avèra mitigé, car les marchés n'étaient pas toujours au rendez-vous. En 1993, il ne restait plus que 25 télécottages.
Avec le développement général du travail à distance en Suède, les télécottages ont renoué avec le succès, leur nombre remontant autour de 40, devenant de plus en plus des "hôtels d'entreprise", semblables aux centres d'affaires et de services partagés (CASP) français.
Bien que n'étant pas à l'origine du concept, le Royaume-Uni est probablement le pays où les télécottages connaissent le plus de succès. On dénombre environ 150 télécottages au Royaume-Uni, regroupés dans la TCA (Telework, Telecottage & Telecentre Association), la plus importante association européenne se consacrant au télétravail qui comprend environ 2500 membres.
Une enquête qu'elle a réalisée a montré que la moitié des télécottages britanniques sont situés dans des villes, 25% dans de petits villages et 25% dans des zones rurales ; 20% sont privés, 30% organisés en coopératives ou SARL, 50% ont été établis et sont soutenus par les pouvoirs publics, qui mettent des bâtiments à disposition ou fournissent des équipements.
Ils ont en moyenne 40 utilisateurs réguliers et 40 utilisateurs occasionnels. Ils sous-traitent 40% de leurs travaux à des télétravailleurs locaux.
Sur le plan financier, 35% font des pertes, 50% équilibrent leurs comptes, 15% font du profit.
La plupart des télécottages et des télécentres proposent de la formation aux NTIC, certains fournissent des services bureau, mais seulement une minorité servent de manière régulière pour du télétravail direct (2).
La Californie
Au début des années 90, le congrès de l'Etat de Californie qui avait voté en 1987 le California Clean Air Act (loi sur l'air pur), a fixé des normes de qualité de l'air et mis en place un programme pour y parvenir. Des décisions très strictes furent prises pour réduire les déplacements domicile/travail dans les entreprises de plus de 100 employés.
En 1997, on constate que 6,1% de la population active de Californie pratique le telecommuting, en moyenne 1,2 jour/semaine, ce qui fait qu'un jour donné 1,5% de la population active substitue les télécommunications aux transports pour son travail.
Depuis 1991, une cinquantaine de télécentres se sont ouverts en Californie, la plupart subventionnés par les pouvoirs publics. La Federal Highway Administration et le département de transport de Californie (Caltrans) ont financé de 1992 à 1997 un projet destiné à évaluer la valeur des télécentres comme stratégie de gestion de la demande de transport. Caltrans a chargé l'Institut d'études des transports de l'université de Californie à Davis de développer et d'évaluer 12 télécentres en Californie et de faire le suivi de tous les télécentres fonctionnant dans l'Etat. Patricia L. Mokhtarian, professeur de génie civil et d'ingénierie de l'environnement dans cet Institut, a supervisé avec ses étudiants l'étude du comportement des employés participant au projet.
En 1998, la plupart (75%) des télécentres ont fermé pour cause d'utilisation insuffisante après une période où ils ont été fortement subventionnés. Ceux qui ont fait payer le prix réel pour leur occupation ont fermé encore plus rapidement que les autres. Le taux d'occupation moyen de ceux qui sont restés ouverts plus de 6 mois (et qui n'ont pas encore fermé !) est d'environ 17%.
Quel est le bilan des télécentres californiens ?
Les effets sur la demande de transport sont restés limités et n'ont pas atteint les espoirs mirifiques annoncés au moment du second choc pétrolier : les km-véhicules éliminés constituent au plus 1,1% du total des kilomètres parcourus par les ménages. Quand on prend en compte les trajets créés par le telecommuting, la réduction nette descend à 0,6% des trajets des ménages. Les réductions à l'avenir risquent d'être encore plus faibles, car les télépendulaires se mettent à habiter de plus en plus loin (3).
En ce qui concerne l'essor du travail à distance, les chiffres parlent d'eux-mêmes : on recense en 1997 quelques centaines de télétra-vailleurs dans des télécentres aux Etats-Unis, alors qu'il y a quelques millions de télétravailleurs à domicile. Les échecs n'ont rien d'étonnant si on tient compte des coûts, qui en général s'ajoutent à ceux du lieu de travail habituel sans les remplacer, des contraintes de management à distance, des complications et de l'implication nécessaires.
Les chercheurs de Davis suggèrent que l'accueil des télénavetteurs devienne une des activités "accessoire, et pas la seule" de bâtiments du futur qui offrent toute une palette de services, vidéo-conférences, télé-enseignement, formation aux NTIC ou à d'autres sujets, pépinières d'entreprises, courtage de travaux à distance, soutien à des télétravailleurs à domicile ou à des travailleurs nomades, etc. Ils redécouvrent les centres d'affaires et de services partagés qu'Eurotechnopolis Institut a déjà étudiés en 1992-1994 (4).
Gérard BLANC
Notes (1) : CEE, Status Report on European Telework, "Telework 1997", Annual Report for the European Commission, Bruxelles, 1997 ; disponible sur le site http://www.eto.org.uk/twork/tw97eto/index.htm#contents (2) : Murray Nelson, "Au royaume des téléchaumières", Télétravail Magazine, avril-mai 1996 (3) : David M. Stanek, Patricia L. Mokhtarian, "Developing Models of Preference for Home-based and Center-based Telecommuting : Findings and Forecasts", Techno-logical Forecasting and Social Change 57, 53-74, 1998 (4) : cf.Eurotechnopolis Institut, Le Bureau du Futur, Dunod, 1994
 
Les visiteurs du site Web d'Eurotechnopolis auront pu découvrir un nouveau service : l'Observatoire International.
Nous avons choisi, pour lancer ce service dont les résutats sont accessibles par tous les visiteurs, une veille permanente fournissant des adresses de documents sur le Web concernant le télétravail et les téléservices, ainsi que les entreprises et organisations virtuelles.
L'Observatoire International a recours à Portulan, un nouveau métamoteur de recherche offline destiné aux professionnels de la documentation sur le Web.
Portulan permet aux membres d'Eurotechnopolis Institut de constituer des profils de recherche comprenant des dizaines de requêtes, de les soumettre à plusieurs moteurs de recherche et d'évaluer les documents trouvés selon des paramètres qu'ils définissent.
La recherche se poursuit alors en permanence, qu'on soit connecté ou non. Dans le cas du profil "Observatoire International d'Eurotechnopolis", on a défini les sept requêtes suivantes : "entreprise virtuelle", "virtual enterprise", "virtual organisation", "virtual organization","téléservices" et "télétravail". Elles ont été soumises à une dizaine de moteurs de recherche. La définition d'un tel profil prend quelques minutes.
Portulan a trouvé 2275 documents en quelques jours. La liste est remise à jour en continu.
Johannes Baagoe
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