Avec l’intensification de la concurrence, les dépenses
en R&D nécessaires pour maintenir un bon niveau
technologique, pour financer un haut niveau de
formation, pour préserver l’innovation vont augmenter de
façon dramatique. Au point que nombre d’entreprises,
comme déjà nombre de pays, ne vont plus pouvoir financer
leurs recherches, ni ses applications. La croissance et
l’accumulation considérable des investissements
immatériels rend plus crucial que jamais la question de
leur rentabilité dans les entreprises. Les dépenses
envisagées constituent une valeur finie indépendantes de
la production d’idées. Les « chercheurs » peuvent être
de lamentables « trouveurs ». D’où l’importance récente
d’utiliser des personnalités capables mieux que d’autres
de sentir les innovations latentes, les bruits faibles
d’un marché ou d’une évolution des modes d’actions
commerciale. Aussi, afin que les idées ne disparaissent
parce que dépassées, l’entreprise doit renouveler
constamment son stock d’idées en multipliant les sources
d’inspiration, les contacts avec une multiplicité de
réseaux directement ou indirectement proche de son
écosystème. Il s’agit, pour tirer un bénéfice, de
multiplier les occasions d’acquérir des savoirs
économiquement, d’utiliser les rendements croissants
d’échelles offerts par les réseaux électroniques
associés à des centres de ressources de compétences. Les
universités et les sociétés de conseils internationales,
par exemple, deviennent sont des viviers utiles pour les
entreprises.
L’intensité des savoirs disponibles devient déterminante
lorsqu’il s’agit d’agir sur les processus qui améliorent
la création de valeur ajoutée conjuguée, c’est à dire de
la production d’idées à plusieurs. On le sait, les
innovations ne sont plus le fait de quelques grosses
têtes mais plutôt le fait d’un travail de groupe
mobilisé sur un thème de progrès, qui travaillent en
affinités. Ce collectif intelligent, cette communauté
professionnelle s’élargi aux partenaires co-traitants et
aux clients, aujourd’hui incarné dans les réseaux. Elle
est désormais à l’origine de la plupart des sources
économiques des progrès techniques ou organisationnels
(1). Ce collectif constitue un capital immatériel,
relationnel, un investissement, qui peut-être périssable
si un autre collectif sort une invention ou une
innovation supérieure.
Le
premier résultat de nos recherches bibliographique est
que les français sont plutôt absents des études et des
recherches sur les entreprises virtuelles (mais cela
nous le savions déjà). Mais surtout cette recherche
bibliographique mondiale nous laisse le sentiment que
les entreprises installées sur le marché du « groupware »
auraient tout intérêt à s’intéresser plus aux écoles et
universités qui sont en train de se spécialiser sur ce
sujet et que les sociétés de conseil devraient faire de
même car elles y trouveront matière à développement par
la mise à jour des grandes méthodes d’approches des
organisations modernes.
Denis
Ettighoffer