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Mars/Avril
2006
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Bientôt un milliard d’individus seront en ligne avec la possibilité d’échanger économiquement des connaissances, des opinions, des idées, d’influencer des pans entiers du globe. En tissant des collaborations, des relations plus ou moins suivies, un milliard de personnes pourront partager leurs connaissances, établir des contacts sociaux, partager de la puissance de calcul grâce au Grid. Pour la première fois dans l'histoire humaine, la coopération massive d’individus de toutes origines à travers le temps et l'espace est soudainement facile et économique. Partout, les gens utilisant l'Internet sont en mesure de polonisent les économies locales. Les foules virtuelles modifient les rapports de forces politiques, disposent d’une force de frappe économique et une influence qui impressionne quiconque s’en approche. Ces foules qui circulent sur la toile disposent pouvoirs nouveaux qu’elles utilisent pour « refaire le monde » et influencer durablement l’économie traditionnelle. Elles utilisent les réseaux comme vecteur d’essaimage d’idées et de propositions, comme vecteurs d’échanges d’expériences et de recherches partagées. En repoussant les limites de l’économie et des rapports marchands traditionnels, elles inventent collectivement des voies modernes du développement durable. Elles repensent fondamentalement comment utiliser cette nouvelle matière première qu’est l’information et les savoirs par un processus l’on désigne volontiers sous le terme « d’intelligence transformatrice ». Bill Drayton travaille à changer le monde depuis presque trente ans. Il a crée 1980, Ashoka, une association qui soutient des innovateurs sociaux par la fourniture de bourses et surtout par un vaste réseau d’influence. Ce réseau mondial se développe en creux des modèles économiques marchands. Un réseau d’individus qui portent des idées aussi prosaïques que de faciliter l’insertion d’anciens toxicos au Brésil. La conception de Bill est que les idées peuvent changer le monde. Ashoka soutient des « porteurs de graines », des gens qui prouvent que l’on peut changer les choses. « Ils sèment son grain avec une idée très pratique. Puis un autre porteur arrive qui la fait connaître dans une autre région du monde » . Ils sont des centaines déjà qui font circuler les idées entre le Bangladesh, les Etats-Unis et le Brésil. Et ça fait boule de neige. Le réseau Ashoka est une véritable pépinière de gestion des idées. Il applique des solutions qui ont marché dans une région. Ashoka devient un circuit de diffusion des savoirs. » Ce pouvoir est illustré par la progression fulgurante des applications du web pour le « social networking ». Elle illustre une voie en cours de formation des possibilités des réseaux de solidarités coopératives. Des communautés d’hommes et de femmes utilisent la toile pour sensibiliser l’opinion publique d’internautes sur un sujet quelconque, pour faire pression sur les pouvoirs en place grâce à la puissance relationnelle des réseaux solidaires. Le troc d’information y est permanent, d’où une posture naturelle à l’échange gratuit, généreux. Ces internautes participent à l’ensemencement d’idées ou des propositions sans calcul de retour sur investissement. De ce point de vue ils sont parfaitement en phase avec les chercheurs ou des tenants des alternatives économiques non monétaires. Présents dans les courants de pensées post capitalistes, amateurs de commerce équitable, activistes des économies d’énergies, nous les retrouvons partisans des échanges d‘idées, utilisateurs des réseaux porteurs de concepts nouveaux dans de nombreux domaines, y compris, en matière d’économie collaborative. En devenant des organisations sans frontières les entreprises sont plus que jamais capables d’échanger autre chose que des marchandises et des services. "Les Réseaux deviennent le lieu pour l'innovation," déclare le professeur d'Université de Sandford, Walter W. Powell. Oui, parce que des internautes créatifs ont accepté de « semer à tous vents » comme le dit la belle formule du Larousse.
Denis Ettighoffer
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