 SOMMAIRE DE L'ETUDE

I - LES GRANDES TRANSFORMATIONS DU SECTEUR TERTIAIRE
- 1.1 Croissance des travailleurs de bureau à forte intensité de connaissance
- 1.2 Le développement du tertiaire s'accompagne d'une diffusion technologique accélérée
- 1.3 Les réseaux favorisent la dématérialisation des activités et les transactions entre organisations différentes
- 1.4 Croissance des outils du travail coopératif
- 1.5 Les outils de la communication du futur
- 1.6 Déspécialisation croissante des lieux de travail
- 1.7 Dérégulation des temps de travail : les affaires tournent 24 heures sur 24
- 1.8 Le domicile devient le bureau du travailleur branché : on l'installe chez soi
- 1.9 Développement des besoins domotiques et télématiques : la maison devient « plug and play »
- 1.10 L'organisation des fonctions de l'habitat est en train d'évoluer
- 1.11 La diffusion des NTIC a des impacts peu conséquents sur le bilan énergétique du tertiaire
II - LES IMPACTS DU BUREAU DU FUTUR : ON PASSE D'UNE LOGIQUE DE SURFACE A UNE LOGIQUE DE SERVICE
- 2.1 Les services bureaux sont désormais industrialisés, spécialisés, productifs
- 2.2 La multiplication des lieux de transit suit l'augmentation des migrations urbaines
- 2.3 Développement des services bureaux : du télélocal à la plate-forme de services spécialisée
- 2.4 Les Centres d'Affaires et de Services Partagés : la recherche d'un nouvel équilibre économique
- 2.5 Les télécentres ou autres locaux pour télétravailleurs ne réussiront pas à réduire les dépenses d'énergie
III - DEVELOPPEMENT DU TERTIAIRE ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
- 3.1 Les villes européennes : entre centralité et systémique
- 3.2 Les espaces urbains se spécialisent et s'organisent en réseaux
- 3.3 Les télécommunications n'empêcheront pas la métropolisation et la concentration du tertiaire
- 3.4 L'organisation de la ville reflète ses choix socio-économiques
- 3.5 Nécessité d'une nouvelle approche temporelle de l'évolution des villes
- 3.6 La Ville Mobile, les transports continueront à modifier l'organisation urbaine
- 3.7 L'avenir du transport à la demande
- 3.7 Les collectivités locales ne pourront limiter les effets pervers engendrés par le tertiaire quand inventant la « ville logistique »
IV -DIVERGENCES CROISSANTES ENTRE GRANDES METROPOLES ET VILLES MOYENNES ET PETITES
- 4.1 Pour favoriser l'ancrage des activités de services, les télécentres sont utiles pour des raisons qui peuvent être totalement différentes
- 4.2 L'avenir économique des télécentres reste incertain mais son utilisation en tant qu'outil de socialisation dans la ville est prometteur
- 4.3 Les plates-formes de services en ligne deviennent des atouts du développement durable
- 4.4 La ville des années 2020 est construite à 80% mais son approche de la logistique globale reste à inventer
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 Étude
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 Introduction : La Cité étendue à l'ère du développement du tertiaire

L'augmentation de la diffusion du nombre de technologies de la communication et de l'information ne cesse de s'accélérer. L'industrie mondiale produit deux milliards de transistors... chaque seconde. Parti de quasiment rien début des années 90, le nombre d'internautes aura atteint 827 millions en 2011 (1). En juillet 1996, Internet comptait 13 millions de serveurs, six mois plus tard 16 millions. Le nombre de micro-ordinateurs vendus dans le monde a atteint 400 millions entre 1993 et 1998. Et encore, cela ne représente qu'une faible partie d'un ensemble bien plus vaste des technologies qui s'installent dans les bureaux et les domiciles. La France pour sa part a absorbé quelques 2,8 millions de micro-ordinateurs pour la seule année 1998. A chaque fois un équivalent ampoule (2) de 100 Watts s'allume. Même si ces ampoules se comptent en millions, les retombées sur la demande énergétique seront plutôt maigres. Nous verrons que les tendances relevées vont surtout vers une meilleure utilisation de l'énergie par un secteur tertiaire devenu largement dominant dans les activités économiques.
Dans le quart de siècle, la proportion de citadins passera de 55% en 1995 à 59% (3) et le nombre de travailleurs de bureau passera de 62% à 70% de la population active en France. La conjonction de la diffusion accélérées des technologies de l'information et de la communication et les transformations en cours de l'urbain, de l'immobilier, des équipements et des services bureaux virtuels concernent toutes les collectivités urbaines. La montée en puissance des préoccupations des citoyens en matière environnementale fait que de nouveaux arbitrages technologiques attendent les responsables politiques, les dirigeants des collectivités territoriales qui, de plus en plus, auront à intervenir sur les investissements spécifiques à l'organisation de la ville et à l'aménagement du territoire. La réduction des pollutions, des rejets, de la consommation énergétique avec l'effet de serre croissant annoncé, sont autant de facteurs qui pèseront de plus en plus sur les politiques énergétiques. On observe déjà le succès des centrales à gaz considérées comme moins polluantes et d'un rendement énergétique supérieur. La contrainte sur les modes de transports se fait plus forte afin de réduire les pollutions en rejets toxiques et sonores. Les préoccupations de réduction du fonctionnement énergétique global des villes durcissent les normes de construction et modifient les priorités des marchés de l'énergie. Une tendance générale s'affirme : indépendamment de son coût, les différents acteurs de la Cité seront obligés d'optimiser la consommation globale d'énergie pour en limiter les impacts sur l'environnement. Mais comment ? Sur quels postes agir ? Quelles priorités faut-ils privilégier?
L'organisation de la ville, des territoires du futur et de leur environnement sont transformés par les impacts des technologies de l'information compte tenu des nouveaux modes de télévie et de télétravail. Ces modes de vie et d'organisations de l'économie et de la société sont en complètes ruptures avec les modèles traditionnels. Ils seront autant de contraintes spécifiques nouvelles à leur développement dans des espaces territoriaux différents. Les deux grandes transformations à venir seront le fait des liens nouveaux qui s'établissent entre grandes métropoles internationales et à la capacité grandissante des tissus suburbains et des tissus ruraux à accéder, toujours grâce aux réseaux, à des standards de qualité de vie et de services inimaginables il y a quelques années.
Quand à la ville du futur, l'organisation spatiale des cités urbaines est déjà faite pour l'essentiel. Les évolutions à venir seront plus le fait de la rénovation et de la sophistication de la gestion de l'existant que de transformations fondamentales. Dans cette perspective, d'immenses gisements de services nouveaux s'offrent aux collectivités s'intéressant aux économies d'énergie : conseil en éclairage dans les magasins, les maisons ; services pour une meilleure utilisation de l'électricité pour produire du froid ou de la chaleur, les développements du « bureau du futur » mais aussi de la maison branchée offrent de très nombreuses opportunités de développement. L'objet de notre réflexion est de montrer la nature et la forme que prendront ces opportunités dans la décennie à venir et, par voie de conséquence, leurs impacts sur la politique de la Cité. Nous verrons que les postes énergivores ne sont pas le fait des technologies de l'information. Ces dernières n'agissent encore que de manière marginale sur le bilan énergétique de la Cité alors que les fuites énergétiques les plus significatives sont dans les bâtiments et les infrastructures : la ville est logistique. Elle doit se repenser en tant que telle.
Le tertiaire moderne comprend aussi le résidentiel, car l'habitat est devenu le centre des micro-activités de la famille : pour sa gestion propre mais aussi pour son travail ou son télétravail, pour ses affaires avec le « home business ». L'Amérique compte déjà plus de 32 millions de free-lances et la France voit, avec l'arrivée des 35 heures, se multiplier ses polyactifs désireux de gagner de l'argent de toutes sortes de façons. Par ailleurs dans les années à venir il faudra compter aussi sur les services d'éducation par la téléformation. Les activités immatérielles et les services en ligne ne cessent de se développer, ils contribuent à façonner une nouvelle civilisation qui devient à la fois plus citadine mais aussi plus consommatrices d'espaces moins urbanisés. En d'autres termes, nous verrons que, très lentement, les réseaux électroniques en désenclavant les territoires contribuent à requalifier les espaces suburbains et ruraux.
Dans notre étude nous avons repris et croisé chacun des thèmes : évolutions urbaines, immobilier, domicile, puis les équipements technologiques du bureau du futur, enfin les évolutions des services bureaux, à la fois pour vérifier la pertinence des analyses selon chaque thème pris de façon transversale, puis pour en estimer les retombées sur les territoires. Le résultat de ce travail aboutit à une note d'études en quatre parties. La première et seconde partie relate globalement ce que sont les évolutions prévisibles du « paysage du bureau du futur ». La troisième s'attarde sur les conséquences possibles des transformations de la ville et l'influence réelle ou supposée des NTIC sur le bilan énergétique. La quatrième partie évoque une divergence croissante entre les développements de la ville et des territoires en général.
Denis Ettighoffer, Eurotechnopolis Institut
Notes : (1) :
Étude AC Nielsen de janvier 1998 (2) : Une valeur qui ira diminuant (3) : Sciences & Vie, Juillet 1998
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